Marc de SURIREY de SAINT REMY (1907-1939)

 

Marc de SURIREY de SAINT REMY


(Extrait du Bulletin de l’Association amicale des anciens élèves des collèges Saint-Vincent-de-Paul et Saint-Joseph de Poitiers.)


        Marc de Surirey de Saint Remy était né à Saint-Nicolas-du-Port, petite ville de garnison voisine de Nancy, le 26 mars 1907. La grande guerre passée, c’est pour assurer l’éducation de leurs quatre fils que ses parents avaient souhaité d’habiter Poitiers ; Marc entra donc en octobre 1919 à Saint-Joseph. Sept années de collège s’ouvraient devant lui, dont il allait faire l’usage le plus excellent. Années laborieuses et heureuses, où il se prit d’un attachement profond pour ses maîtres et pour ce climat de la maison dont il connut toutes les nuances, jusqu’à celle, un peu secrète, des vacances, qu’il vint goûter souvent, soit à Poitiers, soit à la Cossonnière. Par son intelligence et son travail, il sut bientôt prendre, pour ne plus la perdre, l’habitude des premiers rangs ; mais, en marge et au-delà du succès scolaire, il se plut à rechercher, dans le cadre de sa vie de collégien, les occasions d’activité généreuse, -celle-ci profitables aux autres, celles-là tendant à son propre perfectionnement : tribune, chœur, congrégation, A.C.J.F.* prirent toujours une part de son temps. Cependant, servi par un don naturel d’une qualité rare, il trouvait déjà dans a musique une source de joie dont sa vie entière serait embellie ; à la chapelle, il apprit l’orgue avec ferveur, tandis qu’à la salle des fêtes il se retrouvait pianiste ou s’improvisait chef d’orchestre. enfin, passé de l’orchestre à la scène, il devenait pour plusieurs années, -sans rien perdre de sa bonne grâce d’excellent camarade,- indispensable aux programmes les plus divers.

        Une fois bachelier, partagé entre la tradition militaire de sa lignée paternelle et les traditions juridiques en honneur dans la vieille aristocratie hollandaise à laquelle il tenait par sa mère, c’est pour celles-ci qu’il opta en s’inscrivant, en 1927, à la faculté de Droit de Poitiers. Etudiant, il se dépensa pour a Conférence Saint-François de Sales ; bientôt, il en devint le très actif et sympathique président, attentif  la fois à l’éclat de ses réunions et à la fécondité de ses travaux. Dans le même temps, il tenait à se mettre à cette école de charité et de spiritualité qu’est la Conférence de Saint-Vincent-de-Paul. Elève officier de réserve à Saint-Maixent, au moment où ses parents quittaient le Poitou, il demeura fidèle à Saint-Joseph : on l’y revit le dimanche, à la chapelle, mêlé dans l’ombre à l’assistance ou reprenant sa place à la tribune.

        Ayant rejoint sa famille en Auvergne, il fit auprès de la Cour de Riom son stage d’avocat. pendant l’été de 1934, dans le décor un peu rude de la montagne, dont il aimait les joies saines et les leçons, la Providence lui faisait rencontrer celle qui deviendrait la compagne de sa vie, Mlle Suzanne de fayard. Marié l’année suivante, d’enthousiasme il adoptait définitivement la carrière du barreau ; capable de ne point redouter l’austérité d’une vieille cité auvergnate, il s’installait en 1937 à Saint-Flour, heureux d’y partager sa vie entre le travail et les joies du foyer béni où venait de naître une enfant. Déjà l’on appréciait son talent, son aisance de parole, son dévouement inlassable et souriant, quand un mal subit vint, au début de 1939, le frapper en plein ardeur;  le 3 février, il s’éteignait pieusement, n’ayant pas atteint 32 ans.
Vie combien trop courte aux yeux des siens, qui la voyaient si pleine de promesses encore ! vie agréable à Dieu, cependant, noble héritage pour l’enfant orpheline, exemple émouvant des vertus du foyer chrétien et français.




*Association Catholique de la Jeunesse Française


 

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