I. Naissance et environnement familial de Pol


Pol de SURIREY est né le 10 décembre 1837 à VERDUN; ses parents sont :

  • Hippolyte de SURIREY de SAINT REMY (METTET,1777- VERDUN,1847), ancien officier au service de l’Autriche après son émigration en 1790, puis Lieutenant de louveterie du département des ARDENNES où il fut maire de LOUVERGNY,
  • et Thérèse de WACQUANT (LE CHESNE, 1795 – CHATEAURENARD, 1878)  épousée le 20 juillet 1820 au CHESNE (Ardennes), fille d’un ancien officier au service de l’Autriche.

Il semble que son père avait pris l’usage de « sacrifier » le nom de « SAINT REMY » et Pol, qui est déclaré à l’état civil comme étant fils d’« Hippolyte de SURIREY », se demandera d’ailleurs s’il a le droit de porter le nom de « SAINT REMY »; il sera donc « Pol de SURIREY » dans tous les actes publics et privés jusqu’au 23 octobre 1874, date à laquelle par un jugement du tribunal civil de VERDUN Pol obtient qu’à son nom de naissance soit rajouté celui de «SAINT REMY».

Lorsque naît Pol, la famille habite à VERDUN. Elle s’y trouve depuis 1830, après que des soucis de santé ont poussé Hippolyte à quitter LOUVERGNY pour habiter en ville. Après avoir habité dans un premier temps rue Saint Louis, faubourg des Prés , aujourd’hui l’une des rues plutôt habitée par les notables de VERDUN, elle s'est installée rue du Pont Neuf.

A la naissance de Pol, son père est déjà âgé puisqu’il a 60 ans. Pol n’a donc que 10 ans lorsque celui-ci meurt, en 1847. C’est un changement de vie important pour lui, car peu après, sa mère va alors s’installer au château de Mélimé, à côté du petit village de MONTGON dans les ARDENNES. Mélimé appartient en effet à son frère Alexis de WACQUANT qui a une mauvaise santé et dont elle va s’occuper jusqu’en 1862. C’est là, dans cette demeure ancienne perchée sur une colline, au cœur d’une région vallonnée et boisée, que Pol passera toute une partie de sa jeunesse et qu’il découvrira sans doute les plaisirs de la chasse. C’est aussi un retour dans un fief familial puisque tous les oncles et cousins, MECQUENEM, DOYEN, WACQUANT, DU GUET et POUILLY sont dans cette région.

Mélimé


 A sa naissance, Pol a déjà 4 frères et sœurs :

  • Hyppolite de WACQUANT, 

né avant mariage, le 2 août 1815 à VILLERS-DEVANT-ORVAL (ARDENNES belges), sous-officier au 4ème Régiment de Chasseurs à Cheval de l’armée belge, puis officier au Régiment des Guides, célibataire.
Beaucoup plus âgé que Pol, leur condition de militaire les rapproche cependant. Ils correspondent assez régulièrement et se retrouvent chaque fois que possible lors de séjours à Mélimé. Il meurt prématurément le 29 juillet 1862 à SEDAN, après une maladie qui l’avait obligé à prendre sa retraite de capitaine dès 1861.

 

 

  •  Fanny,

née le 8 mai 1821 à LOUVERGNY,
elle épousera le 10 mars 1860 à Paris Théophile CORMIER (1798-1877), propriétaire de LA VOLVE à CHATEAURENARD (LOIRET); avant son mariage, Fanny est au service du comte et de la comtesse de BLANGY comme institutrice de leur fille; grâce à elle, des liens assez étroits se sont progressivement créés entre les deux familles, les sœurs et leur mère sont ainsi hébergées chez les BLANGY lorsqu’elles se rendent à PARIS et le comte de BLANGY fera régulièrement beaucoup pour Pol qu’il conseillera et appuiera dans sa carrière.

Théophile CORMIER, son mari, a pratiquement adopté les frères et sœur de Fanny qu’il reçoit et accueille avec beaucoup de plaisir semble-t-il, en n’hésitant jamais à aider les uns ou les autres (il participera même à payer l’équipement de Pol) ; il correspond régulièrement avec Pol qui dans ses lettres l’appelle « mon frère ».

Grâce à lui, la Volve accueille finalement toute la famille et sera son point d’ancrage pendant de longues années; Fanny survivra à Pol : elle est décédée le 28 mars 1911.

                                           
Fanny      Théophile

 

  • Marie Alexandrine, dite Alix,

née le 29 juillet 1824 à LOUVERGNY; elle s’expatrie assez jeune en Autriche comme gouvernante des enfants du comte et de la comtesse STERNBERG; remarquée à la cour d’Autriche, elle sera nommée par la suite Surintendante de la maison de l’archiduchesse Gisèle, fille de l’Empereur François-Joseph et de l’Impératrice Elisabeth (plus connue sous le nom de  « SISSI ») de 1864 à 1873; elle est décédée le 1er août 1928, dans sa 105° année, à LA VOLVE,  où elle s’est installée à son tour à la fin de son service en Autriche.

Après sa mère, c’est sans doute avec elle que Pol correspond le plus; c’est elle aussi, d’ailleurs, qui se préoccupe le plus de sa carrière : sa vie durant, elle s’est efforcée de lui procurer les appuis et les protections indispensables à son avancement.

  • Roland Marie Auguste,

né le 6 septembre 1829 à LOUVERGNY; engagé pour 7 ans dans la cavalerie en septembre 1847, il sert au 7ème régiment de Lanciers (régiment qui était en garnison à VERDUN en 1845, et qui se trouve alors à VALENCIENNES puis ensuite à THIONVILLE à partir de 1848) puis obtient en janvier 1849 d’être versé au 2ème régiment d’infanterie de marine de ROCHEFORT où il devient sergent le 16 janvier 1852. Affecté au 3ème régiment d’infanterie de marine en avril 1852, il y sert jusqu’en février 1855, date à laquelle il obtient une affectation au 26° Régiment d’Infanterie de Ligne. Il parvient vite au grade de sergent-major mais meurt du choléra le 21 août 1855 lors du siège de SEBASTOPOL en CRIMEE.



 Lorsque naît Pol, ses deux sœurs sont déjà jeunes filles, et particulièrement jolies semble-t-il puisque la bonne société de VERDUN les a surnommées « les belles de VERDUN » (anecdote racontée par la tante Marie DOYEN qui la tenait de son oncle Maxime BOURDON dont le père était à la sous-préfecture de VERDUN à cette époque).

A la lecture de la correspondance familiale on constate que la famille est très unie et les sœurs en particulier sont toutes deux très attachées à Pol, le seul des 3 frères à vivre encore après 1862.

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Arrivé à l’âge du collège, peu enthousiaste pour ce qui touche aux études, Pol est envoyé en pension chez l’abbé CAVALIER, à AVON, près de FONTAINEBLEAU. Cela ne l’enchante guère.

La vocation militaire naît en effet très tôt chez lui et son peu de goût pour l’étude, comme le peu de fortune de la famille semble-t-il, le poussent à s’engager au plus vite, comme l’a déjà fait Auguste au même âge. A AVON, il profite d’ailleurs de son temps libre pour prendre des leçons d’équitation qui lui serviront bien dans la cavalerie.

Voici ce qu’il écrit à sa mère en décembre 1854 :
« Je viens de recevoir une longue lettre de Fanny, elle croyait que j’avais eu l’intention d’entrer aux finances mais je lui ai répondu, ce que je dis toujours, que l’état militaire était ma seule vocation. Mr de Blangy  a eu la bonté de m’écrire quelques mots ; il me conseillait fortement de m’engager parce que le moment était favorable, et que je devais en profiter. En recevant ta lettre j’éprouvais un certain plaisir, je pensais que tu me disais de revenir ; j’en étais si sûr que je l’avais déjà dis comme une chose presque certaine. Nous allons avoir huit jours de congé au premier de l’an, et je vais être obligé de les passer seul sans sortir de la maison, et sans autre amusement que de me promener de la cour dans l’étude, et de l’étude dans la cour. Quel plaisir ! oh ! franchement je  me réjouis à cette idée. Tu as peur que je prenne les habitudes d’Auguste, il n’est pas pendant huit ou quinze jours que je passerais avec lui, et surtout étant sous tes yeux. Tu as beau essayer de m’encourager, tu ne pourras pas, ce n’est pas quand on s’ennuye comme moi que l’on prend goût au travail. Oh  non ! il faut des distractions, et c’est ce que je n’ai pas. Je t’en prie, ma chère Maman, au nom de l’amitié que tu me portes, je t’en prie, fais-moi revenir. Je vais aller trouver M.Cavalier et je lui dirai tout.
 
J’ai bien réfléchi sur ta lettre et tes craintes sont bien fondées. Je sais bien toutes les misères qu’éprouve le soldat, je sais que la plupart des jeunes gens se perdent dans l’état militaire, mais heureusement il y a des exceptions, et j’en serai une. Une fois au régiment je saurai me conduire comme le doit un jeune homme qui a eu le bonheur d’être élevé dans de bons principes, et je saurai choisir les bons sujets et éviter les mauvais. Peu m’importe ce que l’on pourra dire, je ferai mon devoir, et je te promets que je saurai résister aux mauvais conseils. Mais du reste nous parlerons de cela plus en long lorsque nous serons ensemble. Je crois que je n’ai pas encore besoin d’écrire à mon oncle, il doit m’écrire lorsqu’il en sera temps et lui même me choisira un régiment. Je lui écrirai seulement lorsque je serai à Mélimé. »

Suivant les conseils que lui donnent à la fois l’abbé CAVALIER et son oncle, le Général Simon de WACQUANT*, mais également avec l’accord de sa mère, Pol signe donc à VOUZIERS un contrat d’engagement dans la cavalerie le 2 février 1855. Il est alors vivement critiqué par son frère Auguste qui s’étant initialement engagé dans la cavalerie sur le conseil de sa mère, s’en était vite repenti en voyant qu’il ne montait pas en grade et que les perspectives d’avancement seraient difficiles. Voici d’ailleurs ce que ce dernier écrivait à Fanny de SEBASTOPOL en juillet 1855:
« Tu seras mon messager près de notre mère, d'Alix, de ce paresseux de Pol qui se repentira peut--être comme me le disait encore ce matin Mr Niol d'être allé s'engager dans la cavalerie. Dans l'infanterie il aurait fait la guerre c'est vrai; hé bien pour un militaire c'est ce qu'il y a de plus beau . »
« Lorsque j'étais à Mélimée, j'ai prêché autant qu'il était possible pour que Pol vienne avec moi, je savais ce que je fesais, aujourd'hui il serait sous-officier et sûrement mon fourrier; mon Colonel qui plusieurs fois m'a questionné sur ma famille m'a dit tout nettement (c'est du reste un homme habitué à dire sa façon de penser) que c'était la plus grande bêtise qu'on ait pu faire. »

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* Simon Marie de WACQUANT (1798-1857), frère de sa mère, général commandant la subdivision de la Vienne .
C’est un vieux soldat : enrôlé au 2° Régiment des Gardes d’Honneur en 1813, lieutenant en 1814, il est alors le plus jeune titulaire de la Légion d’Honneur, décoré par l’Empereur lui-même ; il fut ensuite Lieutenant aux Gardes du Corps de LOUIS XVIII, colonel du 2° Régiment de Carabiniers en 1846,  et nommé général de Brigade en 1852.

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